Une difficulté, une erreur, n'est pas un problème mais une articulation entre un besoin et sa satisfaction.
A l'origine de ma pratique, une expérience de terrain de plus de vingt ans.
Une forme de cogestion de la relation de groupe avait permis d'instaurer une communication cordiale entre des groupes d'élèves d'origines socio-économiques et culturelles et de scolarités contrastées qui s'ignoraient, au détriment d'une majorité de jeunes issus de la ruralité et des filles, privés de paroles. Comme les lycéens, les collégiens ont adhéré sans réserve à l'exercice de la coopération.
Interpellée à la fois par la similitude des effets dans des conditions aussi différentes, par l'erreur de jugement dont les élèves faisaient l'objet, et par les implications de la qualification de leur conduite sur leur perception d'eux-mêmes et du personnel d'encadrement, j'ai renoncé à enseigné et ai entrepris une formation de formateurs à la recherche de plus d'expériences sur la base de cette hypothèse : loin d'être un problème, ce que l'on affirme être une inconduite est une information précieuse sur un besoin non ou mal diagnostiqué.
Trois stages pratiques réalisés auprès de publics en difficulté (détenus,
classe de 3eme spéciale, formateurs, 1991/92)) m'ont permis de vérifier ma compréhension des choses.
Continuant ma recherche en aveugle, j'ai adapté l'objet et le contenu de mes interventions aux circonstances.
La Logomotricité est l'aboutissement de cette expérience. Le Stage
Intensif de Recentrage-Ancrage en est une application.